À l'époque aragonaise, la mode s'est répandue, en provenance de Catalogne, d'entourer les portes et les fenêtres d'élégantes expositions en pierre afin d'enrichir les façades de bâtiments généralement non décorés. Le phénomène a d'abord touché les villes, puis s'est manifesté, selon un modèle d'irradiation culturelle centre-périphérie, dans les petites villes et les villages.
En ce sens, le rôle de l'architecture religieuse a été décisif, dans les chantiers de construction de laquelle les modèles ont circulé et les travailleurs ont été formés. L'adhésion aux caractéristiques stylistiques catalanes était presque totale à Alghero, où les relations avec la péninsule ibérique étaient plus fortes, comme en témoigne, par exemple, le cadrage des fenêtres de la Casa Doria. En revanche, plus on s'enfonce dans l'intérieur de l'île, des exemples de mélange avec des formes d'inspiration populaire apparaissent.
D'un point de vue stylistique, les décorations se caractérisent par la présence constante de l'arc infléchi catalan au milieu des linteaux. En revanche, l'interprétation des caractéristiques stylistiques liées au gothique catalan ne se résout jamais dans l'imitation passive : en fait, une interprétation « locale » se retrouve presque toujours dans les différents éléments qui composent le cadre, des moulures aux colonnes et aux arcs. Le répertoire décoratif des picapedrers (tailleurs de pierre) est varié et, tout en conservant des caractères particuliers, il évolue au fil du temps.
Entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, avec la diffusion des modes de la Renaissance, les formes se sont encore enrichies. Il n'est donc pas rare de trouver, par exemple, des cadres dentelés et des tympans triangulaires avec des cadres classiques moulés associés à des arcs fléchis ou des colonnes rainurées et robustes surmontées de chapiteaux qui reprennent la forme des modèles corinthiens ou composites.
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