Nous pouvons clore l'exposition des architectures les plus récentes, qui prend le caractère d'un choix entre différentes possibilités, avec des réalisations qui, pour différentes raisons, valent autant de « pièces uniques », un peu pour le type de bâtiment (celui du couvent), un peu pour l'aspect élitiste de l'opération (le petit théâtre en plein air), un peu pour l'ennoblissement d'un genre désormais usé et surtout fabriqué en série (le centre commercial)).
Le premier, également par ordre chronologique, est le couvent des Carmélites, construit sur la colline de Cucullìo à Nuoro par l'architecte Savin Couëlle, fils de « l'inventeur » de la Côte d'Émeraude. Il s'agit d'une intervention « plastique » qui modélise les environnements et les volumes avec une liberté de composition et un souci du détail qui témoignent d'une sorte de « savoir-faire architectural » typique de la Couëlle.
Le théâtre de Mario Ceroli à Porto Rotondo est la renaissance du théâtre antique, et donc en plein air, avec une cavea et l'orchestre, occupés par les sièges, fermés par un mur où sont exposées des citations classiques, même de la main inimitable de l'artiste.
Enfin, à Olbia, le centre commercial « Terranova » devient la transposition matérielle d'un rêve de son principal architecte, l'architecte Aldo Rossi : le rendu tangible des suggestions d'une architecture comme celle de la Sardaigne, caractérisée par la couleur des matériaux, souvent associés en lignes horizontales, devient le leitmotiv de la création d'Olbia. Un « souvenir » du passé, bref, pas sa copie ou, pire encore, son imitation dans un style « néo-sarde » improbable, qui, à une époque de grande incertitude concernant non seulement l'architecture mais aussi la vie humaine, peut devenir un point de référence, partageable ou non, comme un avertissement pour l'avenir.
Mise à jour
commentaires