Dans la littérature spécialisée, trois termes sont utilisés pour désigner le même type de monument : « protonuraghe », « pseudonuraghe », « nuraghe du corridor ». Malgré cela, les trois termes ne peuvent pas être considérés comme de simples synonymes.
Le premier terme « protonuraghe » précède l'expression « nuraghe » (qui, rappelons-le, désigne un monument à tour conique tronqué, caractérisé à l'intérieur par la présence d'une ou de plusieurs chambres superposées, tournées par ce que l'on appelle « tholos » ou « fausse coupole ») l'élément « proto » dérivé du mot grec « prôtos », qui signifie « premier », « original ». L'utilisation du terme « protonuraghe » pour désigner un certain monument (et, plus généralement, un certain type de monument) implique donc la conviction que ce monument précède chronologiquement et/ou structurellement le nuraghe lui-même (les « protonuraghi » contiennent en fait non pas des salles tholos, mais « un couloir »).
Même dans le second terme « pseudonuraghe », l'expression « nuraghe » est précédée d'un élément d'origine grecque : « pseudo », qui signifie « faux », « apparent », « extérieurement similaire ». Dans ce cas, la relation établie entre le monument appelé « nuraghe » et le monument appelé « pseudonuraghe » est définie différemment que dans le premier cas : la similitude entre les deux est indiquée comme étant uniquement apparente et donc non substantielle.
Enfin, dans le troisième cas, nous avons une position encore différente sur le plan de l'interprétation. En fait, le monument est explicitement défini comme « nuraghe ». La combinaison de la deuxième partie du syntagme (un terme qui désigne un ensemble de mots dotés de leur propre autonomie par rapport au reste du discours dans lequel ils sont insérés) modifie toutefois le sens de ce terme, nous faisant comprendre explicitement que le terme « nuraghe » peut également être utilisé légitimement pour désigner un monument dépourvu de la couverture en « faux dôme » des pièces intérieures.
Quel que soit le choix terminologique retenu, il est en tout cas certain que nous faisons référence au même type de monuments, caractérisés par une structure architecturale massive, souvent par un plan dit « réniforme » (terme qui désigne explicitement la forme qui rappelle précisément celle d'un rein) ou, dans d'autres cas, un navire inversé. Il s'agit de monuments plus bas que les nuraghis classiques (les nuraghi connus ne dépassent pas 10 m alors que les nuraghi dépassent une hauteur de 20 m) et ne comportent généralement pas de grandes pièces avec un toit en « faux dôme », même si ce type de toit pourrait être utilisé dans certaines petites pièces donnant sur les couloirs intérieurs, véritable caractéristique architecturale de ces monuments.
Il existe environ 300 protonouraghis connus, un nombre bien inférieur à celui des nuraghis classiques, loin d'être certain en l'absence d'un véritable recensement régional, mais considéré comme fluctuant entre 7 000 et 10 000 unités (chiffres incluant d'ailleurs les protonuraghi eux-mêmes).
Il n'est pas exclu que de futures enquêtes vérifient que certains des monuments traditionnellement connus sous le nom de nuraghi appartiennent en fait au type de protonuraghi.
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